Coffret bois avec 4 accessoires comprenant 1 Margaux - Château Prieuré Lichine 1981 - 4ème cru classé
Château Prieuré Lichine 1981 : Millésime exceptionnel.
Le Château : Après un demi-siècle de progression qualitative et de restructuration du vignoble, le cru du Prieuré fût promu en 1855 dans la catégorie des 4ème Grands Crus Classés de la Gironde. De nombreuses maladies (oïdium, mildiou et phylloxéra) affectent alors lourdement le cru, qui parvient malgré tout à se maintenir jusqu’à l’entre-deux guerres pour s’effondrer à nouveau lors de la Grande Dépression (crack boursier de 1929).
Lorsque en 1953 (très grand millésime), Alexis Lichine vinifie sa première récolte, le cru n’est plus constitué que d’une poignée d’hectares de vignes. Sous l’égide de Durand Delains, négociant en vins installé aux Chartrons, la cote des vins du Prieuré connut une forte progression. En 1823 elle réussit à atteindre 1800 francs au tonneau (contre 600 francs sous Napoléon 1er). Cette progression se fit dans une période dépourvue d’inflation et se poursuivit jusqu’en 1855, année où "Le Prieuré de Cantenac" devint officiellement Quatrième Grand Cru Classé.
Ses vignes étaient pourtant bien enregistrées en troisième catégorie au cadastre de l’ancien régime, mais l’apparition d’une cinquième classe dans la hiérarchie des crus a bousculé les anciens usages.
Avant 1855, les avis sur la position des vins du Prieuré divergeaient. Frank et Cocks les plaçaient en 4ème classe, mais d’Armailhacq les conservait dans la catégorie des troisièmes Grands Crus.
Les honneurs du Classement Impérial de 1855 furent recueillis par la veuve du juge Pagès. Ce dernier avait acquis le domaine en 1838 pour décéder sans succession directe en 1852.
En 1862, la veuve Pagès se remaria, mais conserva son bien en propre sous le nom de "Rosset la Dame, née Latour, propriétaire au Grand Prieuré". A cette époque, malgré le phylloxéra menaçant dans le Midi et l’oïdium responsable de grands ravages mais en voie d’être jugulé, c’était toujours l’âge d’or pour les grands vins de Bordeaux.
En 1879, quelques années après son apparition dans les palus de Macau, le phylloxéra atteint Margaux. Son invasion générale dans le Médoc déclencha une "valse des propriétaires", situation inconnue jusqu’alors et renforcée par l’apparition du mildiou en 1882.
Les anciennes familles nobles, d’épée ou de robe, rescapées des révolutions et des grandes périodes de crises durent finalement se résoudre à vendre leur cru.
Au Prieuré, comme ailleurs, des "hommes nouveaux" entrèrent dans l’histoire du cru.
Le parisien Victor Rulh associé au landais Gabriel Rousseau entreprirent en 1886 la reconstitution du vignoble ravagé par les maladies. Suite au décès de ce dernier, en 1899, Victor Ruhl demeura seul propriétaire jusqu’à la fin de ses jours en 1903.
Le domaine devint alors la propriété de Victor Saint-Ubéry durant 20 ans, puis après un intermède de 4 ans assuré par Pierre Frédéric Bossuet, de 1924 à 1928, celle de Michel De Wilde. Célèbre famille hollandaise, les De Wilde, connurent leur heure de gloire au cours du XVIIe siècle lorsque Jean et Cornélius De Wilde dirigèrent l’éphémère république batave, par la suite réduite dans le sang par Guillaume d’Orange qui martyrisa les deux frères épris de liberté. Leur lointain descendant subit la Crise de 1929 de plein fouet et dut se résoudre, six ans plus tard, à céder son domaine à une société de négoce parisienne : la S.A. des Grands Entrepôts réunis à Neuilly.
Lorsqu’en 1951, Alexis Lichine débuta les pourparlers d’acquisition, il ne restait plus que 4 hectares de vignes en culture. Dès son acquisition, Alexis Lichine s’attelle à la reconstitution du vignoble mais les mémorables gelées de 1956 nuirent momentanément à ses efforts.