La Bernardine constitue l'une des interprétations classiques de Châteauneuf-du-Pape chez M. Chapoutier. Le Grenache, très majoritaire dans l'assemblage, est complété par la Syrah et le Mourvèdre. Sur le millésime 2023, l'assemblage atteint 80 % Grenache, 15 % Syrah et 5 % Mourvèdre : une construction qui privilégie le fruit, la rondeur et la finesse tout en conservant suffisamment de structure et d'épices.
Les raisins proviennent de plusieurs terroirs de l'appellation, avec notamment les terrasses quaternaires couvertes de galets roulés issus de l'ancien lit du Rhône, mais aussi des safres et des terrasses sur matrices argileuses. Les vendanges sont manuelles et font l'objet d'un tri rigoureux avant une vinification traditionnelle en cuves béton fermées. La cuvaison dure environ trois semaines.
L'élevage constitue l'un des points intéressants de La Bernardine : 15 mois entièrement en cuves béton, sans passage sous bois. Le choix permet de conserver la franchise aromatique du Grenache et d'éviter que le boisé ne prenne le dessus sur le fruit et les épices.
Le 2023 présente un profil généreux mais sans excès. Cassis, prune, cerise et griotte composent le cœur aromatique, rejoint par la réglisse, les épices, la garrigue et une nuance de café grillé. La bouche est ample et mûre, avec une texture veloutée et des tanins déjà bien intégrés. La fraîcheur conserve de l'élan à l'ensemble et prolonge une finale fruitée et épicée. Cette association entre maturité et vivacité constitue justement l'un des points relevés par Jeb Dunnuck sur ce millésime.
Déjà très agréable aujourd'hui après une courte aération, La Bernardine 2023 possède aussi la matière nécessaire pour évoluer plusieurs années. À table, son Grenache appelle volontiers une épaule d'agneau confite au thym et aux olives noires, un lapin aux olives et tomates confites, un tajine d'agneau aux pruneaux et amandes ou une côte de veau accompagnée d'aubergines rôties.